Il s’agit donc de briser la carapace et pour cela j’essaie d’instaurer avec les adolescents une relation de confiance. Pas à pas, par le biais de jeux d’écriture dont le but est aussi de lever les réticences, les adolescents comprennent la différence entre réalité et imaginaire et découvrent que s’inspirer du vécu permet de le dépasser. Dès lors, il leur est possible de prendre du recul sur eux-mêmes et de jeter sur le papier fragilités, révoltes, doutes, peurs, espoirs et rêves…
Mettre en mots son histoire et ses émotions, trouver en quoi celles-ci sont uniques et finalement partagées par d’autres, c’est travailler sa langue et son imaginaire, puis les communiquer, c’est à dire faire acte de création. Créer, n’est-ce pas rêver à voix haute et se faire entendre, faire et défaire le monde, lui redonner du sens et de la poésie ?
Ainsi, au terme d’un atelier d’écriture qui est avant tout une approche et une sensibilisation à l’univers des mots, j’ai la sensation que la plupart de ces adolescents ont accédé peu ou prou à leur imaginaire, jetant un regard neuf sur le monde qui les entoure, ce qui est une façon de faire un pas sur le chemin de la liberté.
Ne dormez pas chez vous cette nuit, résidence d'écriture au CERCIL, Centre d'Etudes et de Recherches sur les Camps d'Internement du Loiret - Musée des enfants du Vel d'Hiv, du 13 janvier au 18 avril 2025. Bourse d'écriture et soutien de CICLIC-Centre-Val-de-Loire.