luc tartar

STOP !

Je remonte le bras de la tractopelle

Je descends en catastrophe

Et je vois cette chose

A mes pieds

Une ligne

Une faille

Une déchirure

La terre qui s’ouvre sous mes pieds

Qui s’écarte et laisse apparaître ses entrailles

Un peu comme un zip

Comme si quelqu’un là-dessous avait décidé de sortir

Qu’est-ce que c’est que ça ?

Une crevasse ?

Une caverne ?

Un chantier c’est dangereux

Qui sait sur quoi on peut tomber

Qui sait ce qu’on peut réveiller

Prendre en pleine face ou sur la tête

Le contremaître me regarde

Et tous les ouvriers interloqués

De part et d’autre de la fissure

Qu’est-ce que j’ai fait comme bêtise ?

création française au Grand Bleu à Lille, 27 et 28 janvier 2022

Festival Momix, Théâtre de la Sinne à Mulhouse, 1er février 2022

 

Eurydice : Il y a quelqu’un ?

Monsieur Lumière : Qui est là ?

Eurydice : Monsieur ?

Monsieur Lumière : Qui êtes-vous ?

Eurydice : Je suis là.

Monsieur Lumière : Reculez.

Eurydice : Monsieur n’ayez pas peur.

Monsieur Lumière : Qu’est-ce que vous voulez ?

Eurydice : Où êtes-vous ?

Monsieur Lumière : Je n’ai pas peur. Vous pouvez dire ça à tous ceux qui vous envoient. Nous n’avons pas peur de vous. Et vous savez pourquoi ? Parce que nous sommes morts déjà. Vous pouvez cracher sur la vitre et hurler dans la rue. Vous pouvez même rentrer dans ce magasin le mettre en pièces et moi avec vous ne m’aurez pas. Je suis un homme honnête. Et je suis un homme libre. Allez leur dire ça. A tous ceux qui vous envoient.

Eurydice : Il n’y a personne qui m’envoie. Je suis venue par moi-même. Ma mère ne voulait pas. Elle a peur pour moi. Elle m’a dit n’y vas pas c’est dangereux mais moi je veux comprendre ce qui se passe. Et donc je suis là.

Monsieur Lumière : La foule vous a laissé passer ?

 

"Quand la rumeur d'Orléans devient une pièce de théâtre", une émission de François Guéroult, France Bleu Orléans

 

"Quand la rumeur d'Orléans remonte des oubliettes", article de Pierre Allorant

 

Pour un retour sur la résidence : Ecrire la rumeur d'Orléans

Enrique  : Tu le fais  ?
Ayam  : Et toi  ?
Enrique  : Si tu le fais je le fais.
Dulce  : Qu'est-ce que vous faites  ?
Ayam  : C'est haut.
Enrique  : Ne regarde pas.
Ayam  : On dit qu'on jetait les gens ici.

Dulce  : Ayam... vous allez sauter  ?
Enrique  : Ne regarde pas je t'ai dit.
Ayam  : C'est Dulce. Elle a peur.
Enrique  : Mais toi tu n'as pas peur ?
Ayam  : On jetait les gens. On a retrouvé des os...
Enrique  : Des animaux...
Ayam  : On a retrouvé des crânes aussi.
Enrique  : C'était il y a longtemps. Personne ne sait ce qui se passait ici.
Ayam  : C'était un lieu de sacrifices. Tout le monde le sait.
Enrique  : C'était il y a longtemps.   
Dulce  : Ayam Enrique il y a un drôle de bruit dans la forêt.
Enrique  : Elle a peur ta sœur.
Ayam  : Vous allez vous marier  ?
Enrique  : Je l'aime bien.
Ayam  : Mais est-ce que vous allez vous marier  ?
Enrique  : Je suis le fiancé.

 

Ayam, teaser

brèves

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Un article critique de Julien Avril sur IO Gazette

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Une résidence mission sur le thème de la rumeur au collège Marcel Proust d'Illiers-Combray.

Une semaine par mois entre janvier et juin 2022.

En complicité avec le Théâtre de l'Imprévu. Financement Conseil Général d'Eure et Loir.

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